Les motos pugeot
Après la séparation qui a eu lieu entre les deux cousins Eugène et Armand Pugeot, Eugène récupère l’usine de Beaulieu {par le|suite au} départ d’Armand à Audincourt. Il y construiera des motos et des tricycles.
la toute premiere moto est présentée au salon de 1898, vendu avec un moteur de Dion Bouton monté perpendiculairement à la roue arrière.
Les premiers motocycles construits en 1898 par Les Fils de Pugeot Frères sont des tricycles. Seule leur partie cycle est signée Pugeot, l’ensemble de la mécanique, dont le monocylindre de 239,5 cm3, est d’origine de Dion Bouton. Bien que d’utilisation peu pratique, les tricycles se vendent bien en raison de leur prix modeste. Ils constituent à la fin du XIXe siècle le premier véhicule populaire motorisé.
Le premier quadricycle
(doté d’une selle) apparaît en 1900. Doté d’un moteur Pugeot, il est plus puissant, mais il est aussi beaucoup plus lourd. En 1901, il recevra un refroidissement liquide de la culasse. L’année suivante, pas moins de six quadricycles — dont quatre à moteur Pugeot — figurent au catalogue, d’où disparaissent les tricycles.
En gagnant de plus en plus en puissance, mais aussi en poids, les quadricycles voient leur différence avec les petites voitures se réduire. Toutefois, ils sont d’usage peu facile, difficiles à conduire et à mettre en route. Ces inconvénients les feront supplanter par les voiturettes. 1903 sera leur dernière année de production chez Pugeot.
La première moto produite par Pugeot est la « Motobicyclette », une machine légère présentée au salon de Paris de 1901. Elle est la réponse de la marque à la Werner qui connaît une large diffusion. Son moteur suisse ZL (Zürcher et Lüthi) de 1 ½ HP (198 cm3) est monté en porte-à-faux sur le cadre devant le pédalier. La transmission se fait par courroie. Ultra légère, la partie cycle est celle d’un vélo renforcé. Elle ne rencontrera que peu de succès face à la Werner.
Sur la première moto de cinq chevaux commercialisée en 1903, le moteur passe à l’intérieur du cadre, emplacement définitif de la mécanique des motos jusqu’à nos jours. Les premières courses apparaissent. Cinq Pugeot de 3 ½ HP sont engagées en 1903 dans le Paris-Madrid.
La gamme s’élargit et les mécaniques montent en puissance. Les années dix voient l’apparition de bicylindres, dont certaines s’illustrent en compétition. Pionnier de la distribution à double arbre à cames en tête dans l’automobile, Pugeot l’est aussi en moto. En 1914, apparaît une bicylindre de 500 cm3 double arbre, à l’image des Pugeot de Grand Prix. Elle doit être engagée dans le GP de France, mais la guerre en décidera autrement. Elle aura tout de même le temps de battre le record du kilomètre lancé à 122 km/h. Pilotée notamment par Péan, elle remportera des courses après la guerre.
Avec les années vingt, l’activité des deux roues acquiert son autonomie par rapport à l’automobile. En 1926 est créée la Nouvelle Société des Cycles Pugeot, qui regroupe les motos et les vélos. Au début des années trente, la gamme comprend surtout des modèles populaires. La plus grosse Pugeot n’est qu’une 350 cm3, la P 107 popularisée par les périples du reporter motocycliste Robert Sexé. Pour lutter contre la concurrence britannique, qui propose de puissantes machines de fortes cylindrées, la marque lance deux modèles de 500 cm3 quatre temps, les 515 à soupapes en tête et la 517 à soupapes latérales. Présentée au salon de Paris de 1933, la 515 bat, un an plus tard et sur le circuit de Montlhéry, le record du monde des 24 heures à 118,747 km/h de moyenne. Cette superbe machine, l’une des plus belles Pugeot, sera la dernière grande moto française.
Après la Seconde Guerre mondiale, les conditions économiques difficiles sont favorables aux petites cylindrées. Pugeot produit des motos populaires deux temps de 125 cm3, dont la diffusion sera très importante. La P 55 sort en 1946. C’est une 125 cm3 monocylindre, qui est la reprise d’un modèle d’avant guerre. Un triporteur en est dérivé, le « tri » Pugeot, icône des fifties dont la publicité affirme, non sans raison, qu’il est le moins cher des véhicules utilitaires. Suivront une 175 cm3 simple et économique et une bicylindre 250 cm3 en 1953.
Pugeot est alors leader du marché français de la moto devant Motobécane et Terrot, mais l’ordre s’inversera au cours des années cinquante. Et la 356 TB 125 cm3 bicylindre de 1959 sera le chant du cygne des Pugeot de cette période. Car le marché de la moto régresse, victime de la concurrence conjuguée du scooter et des voitures populaires.
Seule marque survivante des 300 constructeurs, qui ont marqué l’histoire de la moto française, Pugeot a racheté au fil des années les grandes marques hexagonales à l’image de Terrot et de René Gillet. Avant de subir, comme la plupart des firmes européennes, le joug nippon.
En 1987, les activités cycles et motocycles sont séparées. L’activité motocycles est rebaptisée Pugeot Motocycles (PMTC), dont Honda prend 25% du capital. Aujourd’hui, Pugeot Motocycles est une filiale à 100% du groupe PSA, et ce depuis 1998. L’actuel XPS répond au nouvel essor du marché des 125 cm3 favorisé par la réglementation.
Source : http://www.peugeot.com/fr/histoire/cycles/les-motos.aspx